Massacre à la trottinette électrique – Chronique d’une véritable guerre civile urbaine sur bitume !

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Ah, le doux parfum des grandes métropoles modernes ! Le chant des oiseaux matinaux, le bruissement des feuilles dans les parcs, et surtout… le vrombissement silencieux mais mortel d’une trottinette électrique lancée à 45 km/h sur un trottoir de deux mètres de large, tous feux éteints, pilotée par un trentenaire en costume-baskets vissé sur ses écouteurs antibruit.

Autrefois, se balader en ville était une simple promenade de santé. Aujourd’hui, c’est une épreuve de survie digne d’un casting post-apocalyptique. Enfilez vos genouillères, sortez vos pare-buffles et préparez vos réflexes de chat : cette semaine, on décortique le grand cirque de la « mobilité douce » !

1. Le piéton : gibier officiel et espèce en voie de disparition

Commençons par une vérité que la bien-pensance urbaine refuse d’admettre : le piéton est devenu le dindon de la farce, ou plus exactement, le gibier officiel des pistes cyclables et des trottoirs sanctuarisés.

Jadis, le trottoir était cet espace sacré où l’homo sapiens citadin pouvait marcher en rêvant, le nez en l’air, en portant ses sacs de courses. C’était l’ultime bastion de la liberté pédestre. Erreur fatale ! Avec l’avènement de la transition écologique à marche forcée, le piéton s’est vu relégué au rang de chicane mobile.

  • Vous marchez tranquillement ? Badaboum, c’est le strike.

  • Surgissant de nulle part, le bolide à deux roulettes minuscules frôle votre oreille à la vitesse d’un TGV en plein rodage.

  • Le bonus du mépris : le conducteur vous jette un regard noir parce que vous avez eu l’audace d’occuper l’espace public avec vos jambes.

Le code de la route ? Une suggestion poétique. Les feux rouges ? Des décorations de Noël clignotantes qui ne s’appliquent qu’aux pigeons en voiture. Sur le bitume, la règle d’or est simple : le plus léger esquive le plus lourd, et le piéton a toujours tort.

2. Le commando du guidon : entre casque AirPods et survivalisme urbain

Parlons un peu de la faune qui peuple ces engins. Le profil type du « trottineur » moderne se divise en deux catégories :

  • Le cadre dynamique stressé qui rentre de sa réunion en agile start-up.

  • L’adolescent en roue libre totale, persuadé d’incarner un cascadeur de cinéma d’action.

Leur point commun ? Un équipement de sécurité minimaliste qui ferait frémir un service des urgences traumatologiques. Point de casque digne de ce nom pour la plupart, mais en revanche, un double arceau d’AirPods Pro étanches enfoncé jusqu’au tympan, histoire de s’isoler totalement des bruits du monde extérieur – y compris du klaxon désespéré d’un bus RATP de 18 tonnes qui s’apprête à les transformer en crêpe.

Le style de pilotage oscille entre le slalom géant entre deux mamies munies de caddies et la manœuvre d’évitement de dernière minute en mode Top Gun. On se penche dans les virages, on double par la droite, on grille les priorités en pianotant sur son smartphone fixé au guidon pour commander un Uber Eats. Magistral.

3. Le cimetière des trottinettes : quand le mobilier urbain ressemble à un charnier

Et que dire du stationnement ? Ah, la fameuse civilité de la « smart city » ! Jadis, les vélos s’attachaient sagement aux arceaux prévus à cet effet. Aujourd’hui, la trottinette (en libre-service ou personnelle) a inventé un nouveau concept artistique : l’abandon sauvage.

Le saviez-vous ? La trottinette moderne ne se gare pas, elle s’échoue. Telle une bouse de dinosaure fossilisée en plein milieu du passage piéton, elle gît là, flânant nonchalamment sur le flanc, prête à briser la cheville d’une poussette.

On en retrouve suspendues à des branches d’arbres, jetées au fond des canaux, ou soigneusement disposées en pyramide instable devant la porte d’un immeuble. C’est l’art contemporain de la friche urbaine : le chaos devient design, et le civisme passe à la trappe.

En résumé : Vers une reconquête du bitume ?

Alors, on fait quoi ? On applaudit des deux mains cette formidable révolution verte qui transforme nos centres-villes en zones de non-droit où la seule loi qui vaille est celle du plus rapide et du plus sourd ? Ou bien on réclame un soupçon de régulation, des plaques d’immatriculation obligatoires pour ces engins, et un rappel à l’ordre salutaire ?

Une chose est sûre : entre le slalomeur casqué qui vous frôle les côtes et la carcasse de trottinette abandonnée au milieu du trottoir, la mobilité douce a un goût furieusement amer.

Et vous, plutôt partisans du « sauve qui peut » sur le pavé ou nostalgiques du bon vieux temps où l’on pouvait traverser la rue sans risquer le carambolage intergalactique ?

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