C’est une magnifique leçon d’altruisme et de civisme qui s’est jouée à bord d’un bus reliant Clichy-sous-Bois à Paris en fin de soirée. Alors que les passagers, terrassés par une longue journée de labeur, aspiraient au silence, un groupe de jeunes mélomanes a tenu à leur faire profiter gracieusement de leur culture musicale en diffusant du rap hardcore sur des enceintes portables format valise.
« On dit souvent que les jeunes sont égoïstes, c’est la preuve que non ! Regardez, ils partagent ! », s’enthousiasme André, comptable de 56 ans domicilié dans le 20e arrondissement, tout en grimaçant de douleur sous la pression amicale d’un canif placé délicatement sous sa gorge. « Et puis, le rap à fond la caisse, ça met une ambiance de ta race ! »
De la poésie urbaine pour tous les publics
Les paroles délicates et ciselées de la playlist ont rapidement su conquérir le cœur de l’assemblée, ravie d’élargir ses horizons littéraires.
« J’ai particulièrement apprécié la profondeur romantique des morceaux comme « Ta mère la pute on lui déchire l’anus » et « Suce ma teub crasse avant qu’je te nique » », a balbutié Simone, une retraitée encerclée par quatre admirateurs enthousiastes et leurs charmants pit-bulls, avant de basculer dans un paisible coma léthargique.
Un splendide exemple de solidarité citoyenne et de partage culturel, qui prouve qu’avec un peu de bonne volonté et des basses à saturation, les trajets en Île-de-France ont des airs de fête foraine.
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