Surveillez votre langage ! Dès la semaine, l’abus de tics verbaux aussi irritants que superflus — comme « c’est clair », « genre » ou encore « grave » — devient passible d’amendes salées.
Les champions toutes catégories de la bouillie lexicale, à savoir l’incontournable « voilà » asséné en fin de phrase et le grotesque « en fait » balancé à toutes les sauces sans qu’on sache trop pourquoi, font l’objet d’une traque sans merci.
« Le port du badge « Voilàiste » et/ou « Enfaitiste » sera désormais obligatoire pour celles et ceux qui agressent nos oreilles. » — Raymond Dupont, directeur honoraire du PFDBQ
Tolérance zéro pour le massacre de la langue
Cette pollution sonore quotidienne a fini par faire disjoncter les membres du conseil du Parler français de bonne qualité (le PFDBQ), farouches défenseurs de l’expression française authentique et qualitative.
Après de houleux débats, le couperet est tombé :
« Trop c’est trop ! Toute personne usant de façon démesurée et outrancière des expressions « voilà » et « en fait » sera fichée et badgée dans un premier temps, puis écrouée en cas de récidive. Une amende forfaitaire de 1 500 € sera également infligée. Les cas les plus lourds devront en outre transiter par des centres de rééducation orale obligatoire. »
Devant un parterre de journalistes médusés, le porte-parole du conseil a enfoncé le clou :
« Nous espérons que de telles mesures permettront d’éradiquer ce misérabilisme verbal de notre beau pays ! »
On chuchote d’ailleurs que l’Académie française s’apprête à voter des sanctions similaires, incluant le bannissement à vie et le port obligatoire du bescherelle enchaîné au poignet.
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