Le samedi 12 septembre 2026, Le Parisien nous a offert un délicieux numéro de cirque mondain en publiant une tribune intitulée « Valeurs actuelles sur France Inter : c’est Non ! ». Signé par près de 300 « personnalités », ce texte vole au secours de l’entre-soi médiatique en exigeant la tête — ou du moins le micro — de Charles Sapin et sa chronique politique.
Mais de qui se moque-t-on ? Quand le gratin des bobos-gauchistes nantis monte au créneau pour défendre le « service public », on frôle l’hilarité générale.
Le club des indignés permanents
Où était leur amour de la pluralité lorsque les antennes publiques ronronnent depuis des décennies au rythme d’une doxa bien-pensante unique, bien au chaud entre soi ? Quand il s’agit de distribuer les brevets de la morale, le ban et l’arrière-ban de la culture subventionnée rappellent à l’ordre le contribuable qui ose financer sa propre mise sous tutelle idéologique.
Regardez-les, ces irréductibles défenseurs de la démocratie sélective, alignés comme à la parade :
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Du côté des planches et des caméras, la fine fleur du cinéma et du théâtre — Josiane Balasko, Denis Podalydès, Julie Gayet, Bruno Solo, Ariane Ascaride, Romane Bohringer, Dominique Blanc, Gérard Hernandez, Yolande Moreau, Jacques Gamblin, Corinne Masiero, Laure Calamy, Serge Moati, Anna Mouglalis, Patrice Leconte, Valérie Donzelli, Audrey Diwan et Vincent Munier — tremble à l’idée qu’un regard un tantinet conservateur vienne troubler leur douce hégémonie.
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Côté décibels, les refrains mélodieux de Yann Tiersen, Camille, Lio, Aldebert, Emily Loizeau, Jeanne Added, Mathias Malzieu, Miossec, Magyd Cherfi ou du groupe Lo’Jo viennent harmoniser la partition bien-pensante.
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Même les blouses blanches et les experts ès-société — de Karine Lacombe à Cédric Villani, en passant par Valérie Masson-Delmotte, Jean Jouzel, Irène Frachon, Camille Étienne, Allain Bougrain-Dubourg, Isabelle Autissier, Cyril Dion, Lilian Thuram et Daniel Herrero — viennent nous expliquer que le thermomètre de la république ne doit surtout pas afficher une température qui pique.
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Sans oublier la littérature, où Annie Ernaux, Leïla Slimani, Pierre Lemaitre, Éric Vuillard, Hervé Le Tellier, Atiq Rahimi, Laurent Gaudé, Virginie Despentes, Vanessa Springora et le grand ordonnateur de la décroissance visuelle Yann Arthus-Bertrand signent des manifestes pour préserver leur bulle de verre.
La France des oubliés paie l’addition
Le problème de fond est pourtant simple : France Inter est financée par l’argent de tous les Français. Pas seulement par les résidents du triangle d’or parisien ou les abonnés aux cartes rouges et vertes des théâtres subventionnés.
Sous prétexte de défendre la « neutralité », ces indignés professionnels nous rejouent la fable de la tolérance à sens unique. La pluralité, selon eux, consiste à inviter des gens de gauche, très à gauche, ou modérément à gauche. Dès qu’une voix un peu trop éloignée de leur catéchisme bourgeois s’invite sur les ondes, c’est la crise de nerfs nationale, la pétition en urgence et le procès en hérésie.
Toutes les franges de la population ne sont donc pas représentées ? Évidemment que non. Et c’est bien pour cela que le moindre petit orteil de la droite un tantinet identitaire ou conservatrice provoque chez eux des convulsions dignes d’un exorcisme.
Pendant que nos élites culturelles signent des tribunes entre deux répétitions à Saint-Germain-des-Prés, le contribuable, lui, contemple sa redevance et se demande bien à quel moment il aura droit, lui aussi, à un peu de véritable pluralité.
La gauchiasse dans toute sa splendeur ! Le pluralisme oui mais avec ceux de leur camp !😂😂😂😂
Quelle honte !
Vous êtes sérieux avec « les bobos-gauchistes nantis » ? 🙄
On peut critiquer France Inter sans inventer un monde où absolument tous les artistes, écrivains et scientifiques seraient membres d’une secte.
Excellent le coup du « club privé de la bien-pensance ». On dirait vraiment une réunion de copropriété où personne ne veut que le voisin du 3e ait le droit de parler. 😂
Je viens de lire l’article.
Et franchement ?
Ça pique.
Mais c’est justement pour ça que je l’ai lu jusqu’au bout. 😄
Le plus intéressant dans cette histoire n’est même pas Charles Sapin. C’est le réflexe qu’on a désormais dès qu’une personne considérée comme « du mauvais côté » obtient une tribune : immédiatement, pétition, indignation, grands mots et mobilisation générale. À force, ça donne surtout l’impression que certains milieux supportent très bien la contradiction… à condition qu’elle reste théorique. Merci pour cet édito
France Inter pourrait diffuser une chronique de droite sans que la République s’effondre. Enfin je crois. Faudrait demander l’autorisation aux 300 experts en pluralisme avant quand même. 😂
Je trouve quand même l’édito assez caricatural. Mettre tous les signataires dans le même sac en les présentant comme des « bobos-gauchistes nantis », c’est exactement le genre de simplification que vous reprochez à vos adversaires. On peut défendre France Inter sans être un ayatollah de la pensée unique.
Le passage sur les 300 personnalités m’a fait sourire. On nous explique toute l’année que la diversité est une richesse… sauf apparemment quand il s’agit de diversité politique. Là, bizarrement, ça devient tout de suite beaucoup plus compliqué. 😏
😂😂😂 « la démocratie sélective »… celle-là je la garde !
Je suis plutôt de gauche et pourtant je dois reconnaître que le débat sur le pluralisme du service public mérite d’être posé. On peut ne pas apprécier une chronique ou son orientation politique sans pour autant vouloir la faire disparaître. Sinon, à quoi sert le pluralisme ?
France Inter pourrait diffuser une chronique de droite sans que la République s’effondre. Enfin je crois. Faudrait demander l’autorisation aux 300 experts en pluralisme avant quand même. 😂
Moi j’écoute pas France Inter donc je découvre cette histoire maintenant 😅
Mais 300 personnes pour demander qu’un chroniqueur dégage… ça interpelle quand même.
« Service public » 🤣
J’ai failli m’étouffer avec mon café.
Le problème est beaucoup plus simple : si vous voulez une radio militante, faites une radio militante. Si vous voulez un service public, alors acceptez qu’il y ait des gens que vous n’aimez pas ou qui ne pensent pas comme vous !
Enfin un article qui ose poser la question. 👍